Cigarette électronique en public ou au travail : les médecins anglais disent non !

Cigarette électronique démontéePour la British Medical Association (BMA), équivalent au Royaume-Uni de l’Académie de médecine en France, la cigarette électronique n’est pas la solution pour les accrocs au tabac qui veulent mettre un terme à leur dépendance. Plusieurs raisons à cela : les cigarettes électroniques n’ont toujours pas fait la preuve de leur innocuité ou de leur intérêt comme substitut nicotinique ; la législation les concernant n’est ni celle relative au tabac, ni celle s’appliquant aux médicaments en Angleterre ; leur utilisation est susceptible de nuire à la prévention du tabagisme ainsi qu’au succès de son sevrage en banalisant la consommation de cigarettes en public ou au travail.

Alors qu’au Danemark, au Canada, en Israël, à Singapour, en Uruguay ou en Australie (très en pointe dans sa politique antitabac), la vente, l’importation ou la promotion des cigarettes électroniques sont interdites, réglementées de diverses façons ou font l’objet de recommandations des autorités de santé locales, nombreux sont encore les pays où rien n’est prévu. Fait étonnant lorsque l’on sait que la Food and Drug Administration (FDA) américaine a émis des doutes, en toute indépendance, quant à la sécurité de ces produits ou que les cigarettes électroniques sont considérées comme des médicaments et ne sont vendues qu’en pharmacie en Nouvelle-Zélande.

Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), citée par la BMA, aucune étude rigoureuse, approuvée par un comité de lecture digne de ce nom, n’a montré que ces dispositifs sont sans danger et efficaces comme substituts nicotiniques.
Alors que la FDA a trouvé des substances cancérogènes et des toxiques chimiques au sein des cartouches des cigarettes électroniques, la BMA s’inquiète de leurs émissions, jamais étudiées, et du risque de tabagisme passif qu’elles font courir à l’entourage de ceux qui les utilisent.

Autoriser l’usage des cigarettes électroniques, dans les espaces publics et au sein des entreprises où il est interdit de fumer, prête à discussion selon les médecins anglais. En effet, voir quelqu’un “fumer” une cigarette électronique ne peut que stimuler l’envie du fumeur et lui offrir un prétexte pour ne pas respecter la loi antitabac à un moment où le nombre d’accrocs à la nicotine repart à la hausse. En plus des risques liés à la nicotine, aux différents toxiques et au tabagisme électronique passif, la BMA estime qu’il est préférable que les autorités publiques et les employeurs ne favorisent pas l’utilisation d’une cigarette ou de tout autre dispositif électronique délivrant de la nicotine.

Pour l’association des médecins britanniques, les professionnels de santé ne devraient pas recommander l’utilisation des cigarettes électroniques comme une aide au sevrage. Ils ne devraient pas non plus la présenter comme une solution moins risquée pour la santé que celle qui consiste à continuer de fumer en raison du manque de preuves quant à leur innocuité et à leur efficacité.

« Le vrai courage, c’est la prudence » : c’est ce que semble vouloir dire la BMA aux autorités de santé et à ceux qui cherchent la solution miracle pour arrêter de fumer.

Hébergeurs, réseaux sociaux, filtrage et utilisation illicite d’oeuvres musicales ou audiovisuelles

Couper l'Internet« L’exploitant d’un réseau social en ligne ne peut être contraint de mettre en place un système de filtrage général, visant tous ses utilisateurs, pour prévenir l’usage illicite des œuvres musicales et audiovisuelles », c’est ce qu’a décidé la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), le 16 février 2012, dans une affaire opposant la SABAM, une société belge de gestion qui représente les auteurs, compositeurs et éditeurs d’œuvres musicales, à la plateforme de réseaux sociaux Netlog.

La SABAM reprochait à Netlog d’autoriser les millions d’utilisateurs quotidiens de ses services à faire usage, par l’intermédiaire de leur profil, des oeuvres musicales et audiovisuelles de son répertoire en mettant ces oeuvres à la disposition du public de telle manière que d’autres usagers du réseau puissent y avoir accès, et ce, sans l’autorisation de SABAM et sans que Netlog ne verse de redevance à ce titre. Elle avait donc fait appel à la justice afin qu’elle enjoigne à Netlog de cesser immédiatement toute mise à disposition illicite des œuvres musicales ou audiovisuelles du répertoire de SABAM, sous peine d’une astreinte de 1 000 euros par jour de retard.
Plutôt que de rendre un jugement qui serait ensuite attaqué devant la CJUE, les tribunaux belges ont préféré saisir d’emblée la Cour européenne afin de savoir s’ils pouvaient obliger un prestataire de services d’hébergement – tel qu’un exploitant d’un réseau social en ligne – de mettre en place un système de filtrage des informations stockées sur ses serveurs par les utilisateurs de ses services, s’appliquant indistinctement à l’ensemble de ces utilisateurs, à titre préventif, à ses frais exclusifs, et sans limitation dans le temps. C’est dans ce cadre qu’a été pris l’arrêt dont il est question.

Il s’agit là d’une décision importante puisqu’elle s’impose maintenant aux juridictions des différents pays de l’Union et qu’elle devrait mettre un terme aux velléités de nombre d’entre eux d’instaurer un filtrage à la charge des hébergeurs. En effet, Netlog a été reconnu par la Cour comme étant « un prestataire de services d’hébergement au sens du droit de l’Union » et les réseaux sociaux ne sont donc pas les seuls concernés.

Pour la CJUE, il n’est pas question qu’il puisse être mis en place un système de filtrage qui impliquerait de surveiller, dans l’intérêt des titulaires de droits d’auteur, la totalité ou la plus grande partie des informations stockées auprès d’un prestataire de services d’hébergement. Une telle mesure nuit à la liberté d’entreprise et n’assure pas un juste équilibre entre la protection des titulaires des droits d’auteur et celle des droits fondamentaux des personnes (droit à la protection des données à caractère personnel ainsi qu’à leur liberté de recevoir ou de communiquer des informations).

Après l’abandon aux États-Unis du projet de loi SOPA visant au filtrage du Net dans l’intérêt des maisons de disque et des grands studios hollywoodiens grâce à la réussite du Blackout day, cet arrêt est un nouveau revers pour tous ceux qui rêvent de filtrer l’Internet…

Jusqu’où peuvent aller les chercheurs avec le(s) virus de la grippe ?

Manipulation de fiolesDeux équipes de scientifiques ont annoncé récemment qu’elles avaient réussi à modifier un virus H5N1 pour qu’il se transmette facilement d’un furet à un autre. Rien de bien inquiétant jusque-là, me direz-vous, à moins d’être un furet et de ne pas avoir envie d’avoir la grippe… Sauf que le furet est le modèle animal le plus proche de l’homme quand il s’agit d’étudier la grippe et que si ce virus est très contagieux chez le furet, tout laisse penser qu’il le serait aussi chez l’homme.
La grippe saisonnière n’infecte que 20 % de la population mondiale, soit plus de 1 milliard de personnes, chaque année, mais seule une petite fraction de ceux-ci en meurent, habituellement les plus âgés, les plus jeunes ou les plus malades. Malheureusement, quand la grippe est due au virus H5N1, la mortalité est beaucoup plus importante et peut atteindre 60 % des sujets infectés. Si la souche mise au point par les chercheurs venait à s’échapper des laboratoires sécurisés où elle est confinée, plusieurs centaines de millions de personnes pourraient y perdre la vie.

Un risque qui n’est pas tolérable par rapport aux bénéfices que l’étude d’un tel virus peut apporter, selon Thomas V. Inglesby, du centre de biosécurité de Baltimore, aux États-Unis. Ce clinicien tire la sonnette d’alarme, car même s’il estime que tout doit être fait pour améliorer les moyens de diagnostic et le traitement de la grippe, la responsabilité première des médecins est de ne pas nuire (primum, non nocere). Loin de s’opposer au principe de l’échange libre et ouvert de l’information scientifique, Thomas V. Inglesby et ses collègues pensent qu’il faut néanmoins que la communauté scientifique fasse preuve de retenue et de prudence dans un tel cas. Ils préféreraient voir les résultats de telles expérimentations bénéficier d’une diffusion restreinte et ce type de recherches abandonnées. Un avis que ne partage pas vraiment l’Organisation mondiale de la santé (OMS), même si elle partage l’idée que la poursuite de tels travaux doit être encadrée et faire l’objet de la plus grande attention.

Que les Français aient boudé la vaccination contre la grippe saisonnière en 2012 qui finit enfin par faire son apparition n’est pas étonnant. Le désastre de la campagne contre le virus H1N1, germe fallacieusement présenté comme très dangereux alors qu’il n’en était rien pour justifier l’achat de doses de vaccins, a laissé des traces. Cette méfiance légitime ne doit pas faire oublier que tous les virus ne sont pas identiques et que la vaccination reste un moyen particulièrement efficace de se prémunir d’un certain nombre de maladies bactériennes et virales. Discuter du bien-fondé de la recherche dans ce domaine n’est pas le propos de cet article, seule se pose la question de savoir jusqu’où aller et dans quelles conditions.

Pour les uns, permettre au plus grand nombre de chercheurs d’avoir accès aux données relatives à ces virus H5N1 modifiés est essentiel pour une meilleure compréhension scientifique de ce germe. Pour d’autres, diffuser largement ces données, c’est prendre le risque de voir un individu malveillant, un groupe terroriste ou un état belliqueux les utiliser et menacer la sérénité de l’humanité.
Si les virus mutent sans avoir besoin d’une intervention humaine, ceci nécessitant qu’ils soient régulièrement étudiés dans le milieu naturel, rien ne prouve qu’une souche semblable à celle qui a été développée ne voit le jour dans la nature. Dans ces conditions, à quoi bon développer un vaccin contre ce virus modifié, d’autant qu’il est lui aussi susceptible de muter ? Modifier un virus mortel pour qu’il devienne plus contagieux et donc plus dangereux et justifier ensuite ces travaux au prétexte qu’il faut créer un vaccin contre celui-ci n’a pas de sens pour des équipes préoccupées par la santé publique et ne travaillant pas à des fins militaires…

Maintenant que ces nouvelles souches de virus H5N1 existent, reste donc à savoir ce qu’il faut publier ou non à leur sujet et le débat fait rage. Le ministère américain de la santé, après recommandation du Conseil consultatif américain des sciences de la biosécurité, a demandé aux auteurs des articles destinés à présenter les résultats et aux éditeurs des revues qui envisagent de les publier d’apporter des modifications aux manuscrits de sorte qu’ils ne fassent pas mention des détails méthodologiques et d’autres données qui pourraient permettre de reproduire les expériences. Les revues Science et Nature étudient ces recommandations et il est question de mettre en place un mécanisme permettant un accès sécurisé aux détails des expériences pour les chercheurs qui ont un besoin légitime de ces données pour mener à bien d’importants projets en santé publique.

Cette solution pose néanmoins problème : qui décide d’accréditer tel ou tel scientifique pour qu’il accède aux détails des expériences ? S’il travaille en équipe, comment s’assurer que le secret sera bien gardé ? Qu’est-ce qui garantit qu’il ne diffusera pas ces données ?

Il existe un précédent en matière d’agent pathogène particulièrement dangereux : la variole. À la suite de délibérations et d’accords internationaux, les études sur le virus de la variole ne peuvent être de nos jours réalisées que par deux laboratoires et les protocoles de toutes les expériences proposées doivent être approuvés par un comité international indépendant. Cet arrangement, qui a été mis en place depuis plus d’une décennie, est un exemple de ce que la communauté scientifique internationale et les gouvernements sont capables de faire afin de limiter les risques que fait courir à l’humanité un agent contagieux et hautement mortel. Pour Thomas V. Inglesby, cette solution devrait être envisagée pour ces virus modifiés de la grippe H5N1.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Ce problème de virus H5N1 modifié n’aurait pas été pour déplaire à Rabelais…

Mise à jour du 22 février 2012
Le 17 février 2012, à Genève, « un petit groupe d’experts de la santé publique mondiale et de la grippe réunis par l’OMS sont parvenus à un consensus sur deux questions urgentes relatives aux virus grippaux H5N1 nouvellement créés : prolonger le moratoire temporaire de la recherche sur les nouveaux virus H5N1 modifiés en laboratoire et reconnaître que la recherche sur le virus grippal H5N1 présent dans la nature doit se poursuivre afin de protéger la santé publique. [...]

Le concubinage meilleur pour le bien-être que le mariage ?

Couple regardant un nuage en forme de coeurDepuis 75 ans, le Journal of Marriage and Family (JMF ; journal du mariage et de la famille) publie, chaque mois, des études scientifiques relatives au mariage et à la famille. Cette revue n’est pas un mensuel à grand tirage qui se lit chez le coiffeur ou dans la salle d’attente d’un dentiste, c’est une publication du Conseil national des relations familiales américain (National Council on Family Relations). Il n’est donc pas étonnant de trouver au sommaire du JMF de février 2012, un article sur le bien-être qu’est censé apporter le mariage.

L’étude, intitulée Reexamining the Case for Marriage: Union Formation and Changes in Well-being et réalisée par Kelly Musick de l’université Cornell (État de New York), tend à aller à l’encontre des arguments des partisans du mariage très actifs aux États-Unis. Comparé au concubinage, le mariage n’apporterait, en fait, que peu d’avantages en termes de bien-être. Ces avantages tendent, en plus, à s’amenuiser au fil du temps, contrairement au bonheur et à la satisfaction ressentis par les concubins.

C’est en analysant les données fournies par 876 célibataires des deux sexes, qui se sont mariés ou ont trouvé un concubin pendant qu’ils participaient à une grande enquête sur les ménages et les familles aux États-Unis, que les chercheurs en sont arrivés à ces conclusions. Des travaux qui portaient au départ sur la vie de 2737 célibataires, hommes et femmes, pendant six ans.

Si les jeunes mariés ou concubins nagent dans le bonheur et présentent moins de signes de dépression que les célibataires dans un premier temps, cette tendance va tendre à disparaître avec le temps en raison d’un repli sur eux-mêmes. Ils ont, en effet, tendance à voir moins souvent leurs amis ou leurs familles que les célibataires ce qui va finir par leur jouer des tours.

Alors que c’est la santé des jeunes mariés qui semble tirer profit de leur nouveau statut, sous doute grâce à la meilleure couverture sociale souvent offerte aux couples ayant convolé, c’est plutôt le sentiment de bonheur et l’estime de soi qui se trouvent renforcés chez les concubins de fraîche date. Malheureusement, après une période d’état de grâce, les effets bénéfiques de la vie en couple vont avoir tendance à s’estomper. Et comme, pour certains, le concubinage présente alors moins de contraintes que le mariage, il permet plus de souplesse, d’autonomie et d’épanouissement personnel, selon Kelly Musick. L’idée qui veut que le mariage soit la solution idéale quand il s’agit de fonder une famille, encore plus présente aux États-Unis que sur le Vieux Continent, pourrait bien être fausse, d’autres formes de relations amoureuses pouvant offrir tout autant d’avantages pour cette chercheuse.

Impossible de savoir, sur le Net, si Kelly Musick est mariée ou pas…

Encore plus déprimé sous antidépresseurs ?

Ombre de soi-mêmeSelon une analyse de l’Assurance-maladie publiée en mars 2011, après avoir été pendant de nombreuses années les premiers au classement des consommateurs d’antidépresseurs en Europe, les Français ont réduit leurs besoins en ce domaine entre 2006 et 2009 au point de ne plus occuper que la troisième place de ce comparatif. Malheureusement, si ces ventes font le bonheur des industriels, il semble qu’il n’en soit pas toujours de même pour les patients

Une étude, publiée dans la revue Archives of General Psychiatry de décembre 2011, qui s’est tout particulièrement intéressée à la Duloxétine, un antidépresseur de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline, montre, par exemple, que certains patients traités par cette molécule verraient leur état dépressif s’aggraver si on le compare à celui d’autres patients mis sous placebo.

Alors que le nombre élevé d’échecs dans les essais cliniques relatifs à la dépression pourrait être dû à un taux important de réponse au placebo et à des méthodes statistiques standards inadaptées face à l’hétérogénéité dans la réponse au traitement, les chercheurs de l’Université Yale ont entrepris des études en double aveugle visant à comparer l’effet de la duloxétine par rapport à celui d’un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (SSRI) ou d’un placebo.

Si un peu plus des trois quarts des patients traités par une vraie molécule ont connu une évolution favorable de leur maladie dans les deux premiers mois, cela n’a pas été les cas pour le quart restant chez qui la maladie s’est même aggravée de façon statistiquement significative par rapport aux patients sous placebo, en plus de souffrir des effets secondaires propres à ces traitements.

Pour les chercheurs, il n’est pas possible de savoir à l’avance qui répondra ou non au traitement et il est donc important d’assurer un suivi rigoureux des patients chez qui un inhibiteur de la recapture de la sérotonine-noradrénaline est prescrit afin d’identifier rapidement les non-répondeurs. Il suffit d’ailleurs d’une à deux semaines pour se faire une idée de l’efficacité du traitement et prendre les mesures qui s’imposent.
Il est bon de savoir qu’une non-réponse à un produit de cette famille d’antidépresseurs ne veut pas dire que le patient ne sera pas sensible à une molécule d’une autre lignée, même si les chances diminuent à chaque nouveau traitement essayé.

En 2009, la base de remboursement par le régime général de la caisse nationale d’assurance-maladie des travailleurs salariés des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (Cymbalta®, Ixel®, Effexor® et ses génériques) s’élevait, en métropole, à plus de 131 millions d’euros pour près de 7,6 millions de boîtes remboursées. Si l’on y associe les SSRI, la base de remboursement s’élève à 414,2 millions d’euros et le nombre de boîtes à 34,4 millions. Avec les autres antidépresseurs, la base de remboursement atteint plus de 605 millions d’euros pour un peu moins de 47 millions de boîtes remboursées. Le marché de la dépression se porte plutôt bien…

WordCamp Paris 2011 : une première pleine de promesses

WordCamp PAris 2011C’est le 25 novembre 2011 qu’a eu lieu au Studio Raspail, dans le 14e arrondissement de la capitale, le premier WordCamp hexagonal. Belle réussite que cet évènement destiné aux designers, aux développeurs, mais aussi aux décideurs intéressés par WordPress et les solutions qui lui sont associées. Suite logique à plusieurs BarCamps, cette manifestation a permis de montrer à quel point ce logiciel gratuit, destiné initialement à créer un blog sur Internet, est devenu en l’espace de 4 ans l’un des CMS (Content Management System) les plus utilisés de par le monde. Ce système de gestion de contenu (SGC, en français) a su s’imposer comme une alternative à Joomla ou à Drupal en très peu de temps grâce à sa simplicité d’utilisation et son formidable potentiel. Facile à installer, ce logiciel permet au néophyte de se faire plaisir en oubliant rapidement les aspects techniques d’un site Internet pour se consacrer au sujet dont il a envie de parler sur la Toile.

Basé à l’origine sur b2/cafelog, un gestionnaire de blog mis au point par Michel Valdrighi en 2001, WordPress, développé par Matt Mullenweg et Mike Little en 2003, « propulse fièrement » plus de 60 millions de sites en 2011. Une formidable aventure commencée sur un coin de table par un passionné et finissant comme vitrine des plus grands noms, à l’image du site du The New York Times, grâce à deux autres petits génies de la programmation secondés par la nébuleuse du logiciel libre.

Une réussite qui a permis à bon nombre d’entreprises de services informatiques de voir le jour et de prospérer, à l’image de Peaxl, une société crée en 2006 par Francis Chouquet pour commercialiser des thèmes premiums. Un exemple qui montre bien que logiciel libre et subsistance des développeurs ne sont pas antinomiques.
Si en 2007, mieux valait avoir des notions de PHP et de CSS pour obtenir le site de ses rêves, WordPress est devenu un véritable CMS, doté d’une offre des plus larges pour ce qui est des extensions ou des thèmes, selon Francis Chouquet ; de quoi se débrouiller seul si on s’en sent capable. Pour ceux qui souhaitent faire appel à un professionnel pour avoir du sur mesure, un budget allant de 4 000 à 40 000 euros est à prévoir.

Comme pour n’importe quel CMS, l’un des éléments les plus importants est la sécurité. Difficile de ne pas en être persuadé après avoir entendu l’intervention de Julio Potier, spécialiste de WordPress et de ses extensions, auteur d’un blog passionnant sur leur sécurité. Les conseils et astuces de base, comme d’éviter les extensions qui n’ont pas été mises à jour depuis plus de deux ans ou d’éplucher les ChangeLogs à la recherche de correctifs de sécurité montrant que leur auteur s’en préoccupe, valaient à eux seuls le déplacement à Paris. Besoin de faire auditer la sécurité d’un site ? Pas d’hésitation, Julio Potier semble bien être l’homme de la situation.

Aurélien Denis, auteur de WordPress Channel, a confirmé que les trois dernières années avaient été cruciales dans le développement de WordPress en tant que CMS. Taxonomie, custom post type et le reste : tout est là, même si le néophyte a du mal à suivre. Moins convainquant dans ses propos que dans ses écrits, Aurélien Denis n’en a pas moins tenté de montrer tous les avantages du SGC qui monte.
À l’usage et sans angélisme, WordPress n’a pas que des qualités : la gestion de la page d’accueil n’est pas aussi aisée qu’avec Joomla, par exemple. Malgré tout, l’idée des développeurs voulant que tout ce qui n’est pas indispensable soit proposé en tant qu’extensions est un atout, surtout grâce à un système de mises à jour automatiques des plus simples.
Convivialité et accessibilité interdisent-elles l’usage en entreprise de WordPress ? Loin de là, si l’on en croit Benjamin Lupu, qui a trouvé dans ce CMS la flexibilité nécessaire à la réalisation d’un site de presse, Lagazette.fr, dédié aux collectivités locales et comptant plus de 250 000 abonnés.

Grand moment quand Pierre Couzy, au nom de Microsoft, reconnaît que la multinationale s’intéresse plus particulièrement à trois CMS : WordPress, Joomla et Drupal, trois succès issus du monde du libre. La firme de Redmond offre, par exemple, aux utilisateurs de PC, une page dédiée pour faciliter l’installation de WordPress sur leur machine. Pressé par un fervent militant de Linux, Pierre Couzy a expliqué que les employés de Microsoft avaient obtenu, il y a quelques semaines, une modification de leur contrat de travail les autorisant, sous certaines conditions, à apporter leur contribution au développement de logiciels libres.

Cours de civilisation française

Rien de mieux pour finir cette journée que des conseils pour optimiser les performances de WordPress prodigués par deux virtuoses des claviers : Nicolas Juen et Benjamin Niess, développeurs chez BeApi. Gérer les caches, la taille des images ou modifier les extensions envahissantes pour gagner quelques précieux instants : un enjeu de taille quand on sait qu’un retard de 400 ms dans le chargement d’une page incite 5 à 9 % des internautes à l’abandonner et à revenir en arrière avant même qu’elle ne se soit affichée.

Au final, ce premier WordCamp au Studio Raspail n’avait rien à envier aux cours de civilisation française dispensés par la Société des amis des universités de Paris domiciliée à côté. Un dernier mot pour féliciter les organisateurs pour le choix du traiteur qui a régalé les convives et il ne reste plus qu’à attendre 2012 pour participer, avec le plus grand plaisir, à la deuxième édition du WordCamp français.

Presse et Multimedia n’a aucun lien avec les personnes ou les sociétés citées, si ce n’est d’utiliser WordPress pour réaliser des sites d’information.

L’immatriculation des landaus et des poussettes bientôt obligatoire ?

Poussette vintageLes milliards manquant à la France pour rembourser sa dette, « effacer » celle de ses voisins, renflouer ses banques et accroître chaque jour un peu plus ses aides sociales, il est urgent de trouver des solutions innovantes en matière d’impôts et de taxes. Habitués aux idées saugrenues quand il est question d’alourdir la pression fiscale, rien ne choque plus vraiment les Français dans ce domaine, à tel point qu’ils acceptent déjà de payer des taxes sur d’autres taxes sans demander de comptes à leurs élus. Dans ces conditions, pourquoi ne pas instaurer une taxe d’immatriculation sur les landaus et les poussettes ?

Alors que le taux de fécondité a battu un record en 2010 et que la France sera le pays européen le plus peuplé en 2011 selon l’Organisation des Nations unies (ONU), quoi de plus naturel que d’évoquer la mise en place d’un certificat d’immatriculation obligatoire et payant pour les landaus et les poussettes, à l’image de la carte grise des voitures, camions, deux roues et autres remorques. Le matériel est déjà disponible et des poussettes ont déjà été équipées.

Avant de voir rouge, les heureux parents devraient réfléchir aux nombreux avantages que procurerait une telle mesure :

  • il est bien plus facile d’identifier la poussette à la sortie de la crèche ;
  • le travail est facilité pour les forces de l’ordre en cas de vol ;
  • il existe un réel gain de temps pour ceux qui ne peuvent plus plier la poussette à cause de la plaque qui, elle, ne se plie pas ;
  • la personnalisation de la plaque d’immatriculation est possible et elle peut être réutilisée pour le vélo de l’enfant après avoir servi pour le landau et la poussette ;
  • la sécurité est accrue dans le cas où le landau est abandonné au bord d’une route grâce à l’effet réfléchissant de la plaque ;
  • etc.

Comment être contre cette idée qui n’a qu’un but : sauver l’avenir financier de la Nation ? Bien entendu, les fabricants de landaus et poussettes risquent de crier au scandale, à l’image de l’industrie agroalimentaire française face à la taxe sur les sodas. Mais ils en profiteront sans doute, eux aussi, pour augmenter les prix de leurs produits de 20 % à cette occasion en faisant croire que c’est l’industriel qui est pénalisé par la taxe payée par les acheteurs.

Il va sans dire que cette immatriculation des véhicules pour enfants pourrait aller de pair avec de nouvelles contraventions, permettant elles aussi d’apporter de l’argent frais à l’État. Le stationnement gênant de landau ou la conduite d’une poussette en téléphonant pourraient ainsi être verbalisés.

Certains diront « Et pourquoi pas les fauteuils roulants ? » Cette option mérite aussi réflexion. Identifier clairement les fauteuils roulants, c’est permettre aux policiers municipaux de verbaliser plus facilement les personnes à mobilité réduite osant utiliser la chaussée avec leur matériel non homologué pour éviter les véhicules garés sur les trottoirs, les passages protégés ou les rampes d’accès.
Mais cette mesure a moins de chance d’être adoptée par les parlementaires, tout particulièrement par les sénateurs qui accèdent souvent à leur fauteuil à un âge où il leur serait parfois agréable qu’il soit monté sur roulettes.

L’idée de cette nouvelle taxe sur l’immatriculation obligatoire des landaus et des poussettes est donc loin d’être stupide. Ce n’est pas seulement pour sauver la Grèce que les parents français doivent accepter ce nouveau régime fiscal, c’est pour assurer l’avenir de tous les petits Européens. Il convient d’expliquer à tous que la solidarité se doit de commencer au landau…

Comment trier les visages « sans nom » dans iPhoto 11 ?

Le logiciel iPhoto 11 est l’application dédiée à la photographie présente au sein de la dernière suite iLife de la marque Apple. Cette suite, qui comprend aussi iMovie et GarageBand, est installée d’origine sur les ordinateurs Mac, permettant ainsi à leurs utilisateurs d’avoir un accès immédiat à des solutions performantes en matière de gestion d’images, de vidéos et de bandes-son. Elle est mise à jour régulièrement et offre de nouvelles fonctionnalités à chaque changement majeur de version.

Si les fonctions proposées au sein d’iPhoto 11 sont nombreuses (classement, retouche, partage, diaporama, réalisation de livres et typogravures, etc.), deux d’entre elles sont tout particulièrement appréciées de ses utilisateurs.Capture d'écran de l'option Visages dans iPhoto 11 Il s’agit de la fonctionnalité Lieux, qui permet de retrouver et de trier les photos par lieu, en exploitant les données des appareils photo à fonction GPS, d’un iPhone ou en indiquant soi-même l’endroit où a été prise une photo sur une carte, et de l’option Visages, détectant automatiquement et identifiant avec l’aide de l’utilisateur les visages sur les clichés soumis à iPhoto.

Si iPhoto détecte et classe seul la plupart des visages présents sur les photos transférées dans sa bibliothèque, il est bien sûr nécessaire que l’utilisateur nomme au moins une fois les différents visages ainsi trouvés. Par la suite, le logiciel de reconnaissance faciale suggère des correspondances possibles avec les visages déjà identifiés et l’utilisateur n’a plus qu’à confirmer d’un simple clic qu’il s’agit bien du visage de la personne en question. Grâce à cette option, toutes les photos sur lesquelles le visage d’une même personne apparaît peuvent ainsi être regroupées très facilement au sein d’un album. À chaque visage identifié correspond donc un album aisément consultable en cliquant sur l’option Visages de la bibliothèque iPhoto.

Exemple d'albums dans l'option Visages d'iPhoto11

Lorsque la fonction Visages d’iPhoto détecte un visage, mais qu’elle estime qu’il ne correspond à aucun de ceux déjà identifiés, elle le qualifie de « sans nom ». Or, malgré la précision de cette fonction et son autoapprentissage qui améliore la reconnaissance au fil du temps, il arrive parfois qu’un visage déjà identifié ne soit pas reconnu. Il se voit alors attribuer le qualificatif de « sans nom » et c’est à l’utilisateur de rectifier manuellement cette erreur.

Pour contrôler les photos sur lesquelles apparaissent des visages « sans nom », encore faut-il y accéder facilement. Le plus simple : utiliser le bouton « Rechercher des visages », situé en bas à droite d’iPhoto lorsque l’option Visages a été sélectionnée.

Bouton Rechercher des visages dans iPhoto11Les visages « sans nom » sont alors présentés quatre par quatre, le passage d’une série à une autre se faisant à l’aide du bouton « Afficher plus de visages ». Il n’est malheureusement pas possible de revenir en arrière si l’on appuie trop vite sur ce bouton et il n’est pas non plus possible de reprendre ses recherches à l’endroit où on les avait interrompues si on quitte la fonction « Rechercher des visages ».
Menu pour créer un album intelligentCette solution n’est donc pas adaptée au tri et à l’identification des visages « sans nom » dans iPhoto 11 lorsque que l’on dispose d’une photothèque regroupant plusieurs centaines, pour ne pas dire milliers, de clichés. Que faire dans ces conditions ?

Il suffit de regrouper tous les visages « sans nom » au sein d’un album intelligent.
Pour le créer, il faut cliquer sur Fichier –> Nouvel album intelligent.

Il faut ensuite nommer l’album intelligent et choisir « Visage » et « est » comme condition à remplir pour cet album, le « sans nom » apparaissant automatiquement quand ce choix est fait.
Attention, si l’on utilise l’option « contient » au lieu de « est », cela ne fonctionne pas.

Conditions de l'album intelligent dans iPhoto11Cliquer sur Ok et le tour est joué : un nouvel album portant le nom spécifié est disponible et il regroupe toutes les photos sur lesquelles au moins un des visages n’a pas été identifié.

En cliquant sur le bouton Info, une fois cet album ouvert, les données relatives aux visages apparaissent à droite de la fenêtre pour chaque photo sélectionnée et permettent ainsi à l’utilisateur de les modifier.

Vous procédez différemment ? N’hésitez pas à expliquer comment en commentaire.

Comment trois pommes ont changé le monde…

Apple en deuilDifficile de rester insensible à la disparition du créateur de la société Apple, Steve Jobs, il y a quelques jours. Si ses détracteurs d’hier se sont empressés à verser une larme, allant même jusqu’à profiter de cet évènement pour vendre quelques accessoires d’un goût douteux, les plus beaux hommages viennent d’anonymes tout autant séduits par sa personnalité et sa vision du monde que par la qualité des services et des produits de l’entreprise qu’il a créée dans son garage.

S’il n’y avait qu’un seul exemple à retenir des millions de témoignages trouvés sur le Net concernant la disparition de Steve Jobs, le message d’Imran Pangilinan sur la page Facebook de Discovery News semblerait pouvoir être celui-ci.
Pour cet internaute, trois pommes ont radicalement changé le monde :
la première, celle d’Adam et Eve ;
la deuxième, celle de Newton ;
la troisième, celle de Steve Jobs.

Steve Jobs est-il un génie des temps modernes ? Un gourou des nouvelles technologies ? Qui sait… En tout cas, il n’est pas la rockstar adulée par des millions de fans à laquelle on tente de le comparer. Steve Jobs ne s’est pas contenté de faire rêver les gens en chantant des textes sur des musiques souvent écrites par d’autres, il leur a permis de vivre leur quotidien avec des objets dont ils n’auraient jamais osé rêver.

Et quoi de mieux que d’écouter Steve Jobs expliquer comment il a pu en arriver là pour comprendre à quel point le passé de chacun peut influencer son avenir et celui de millions d’autres.

La mort de Steve Jobs est malheureusement aussi l’occasion de voir les éternels jaloux et les anticapitalistes viscéraux persifler, et de découvrir certaines pratiques d’une presse frustrée de ne pas avoir su se réinventer qui envisagerait d’être particulièrement critique à l’égard des futurs produits d’Apple, mécontente des conditions qui lui sont imposées pour être présente au sein du kiosque numérique mis en place par la société de Steve Jobs.

Pour ne pas tomber dans la Jobsmania, il faut néanmoins savoir relativiser. Si la mort du cofondateur d’Apple a fait l’objet d’un pic d’échanges parmi les plus importants jamais enregistrés sur le réseau Twitter (6 049 tweets par seconde), elle n’a pas dépassé les records en la matière détenus par l’élimination du Brésil de la coupe du monde de football en juillet 2010 (7 166 tweets par seconde) ou la dernière nuit des MTV Music Awards en août 2011 aux États-Unis (8 868 tweets par seconde).

Merci Monsieur Jobs.