La police est sur Twitter

Téléphone rouge pour appeler la police anglaisePas question de police privée à la sauce Hadopi ici, mais des agents de sa gracieuse Majesté, en la bonne ville de Manchester qui ont décidé à l’approche d’un vote capital concernant le financement de leurs services de se mettre à gazouiller sur Twitter pendant toute une journée.

Craignant des coupes sombres dans leur budget, les responsables de la police de cette ville située dans le nord-ouest de l’Angleterre ont décidé de mettre en ligne à l’aide de Twitter, un outil de réseau social et de microblogging qui permet à l’utilisateur d’envoyer de brefs messages, appelés tweets, à ceux qui le souhaitent, tous les incidents pour lesquels ils sont appelés ce 14 octobre 2010.
Dieu sait s’il y en a puisque ce ne sont pas moins de trois comptes que les policiers ont dû ouvrir pour pouvoir donner, en très léger différé, le motif de tous les appels.

Le plus haut gradé de la police de Manchester, Peter Fahy, a expliqué que le travail de ses collègues ne consistait pas juste à courir après les voleurs pour les mettre en prison, mais « à régler des problèmes sociaux, comme des disparitions d’enfant, des personnes présentant des troubles mentaux ou des histoires de maltraitance familiale. Des incidents souvent incroyablement complexes qui demandent beaucoup de temps, de moyens et d’expérience ». Les tweets sont là pour mettre en lumière tout ce que les statistiques et les classements sont incapables de retranscrire : l’insensibilité des chiffres face à la détresse du quotidien. Pour Peter Fahy, il est temps de mesurer l’efficacité de ses équipes d’une autre façon et de montrer aux décideurs, enfermés dans leurs tours d’ivoire, à quel point le travail de terrain peut être éloigné du reflet qu’en donnent quelques graphes et quelques rapports.

Un homme qui se plaint que quelqu’un soit venu déposer des ordures dans sa poubelle ; une femme qui signale que son cheval refuse de franchir un pont ; la perte d’une échelle sur l’autoroute ; la disparition d’un enfant de 14 ans : la police de Manchester reçoit en moyenne trois appels par minute aux heures creuses de la journée. Et c’est une journée plutôt calme…

À quand la même chose, en France, depuis un centre 15 ou le service des urgences d’un grand hôpital un samedi soir ?

[Source]

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