Amiante

L’amiante est un minerai connu depuis l’Antiquité, dont l’utilisation a connu un véritable essort à partir du XIXe siècle. Ayant servi massivement dans la construction, il est responsable de nombreux cancers d’origine professionnelle ce qui a conduit la loi à évoluer malgré les intérêts économiques en jeu.

L’amiante est un minerai, c’est-à-dire un minéral dont on peut extraire industriellement des substances chimiques, comme le sont l’argent, le cobalt ou l’étain. Il s’agit d’une matière cristalline et fibreuse, imputrescible, incombustible, qui ne conduit ni l’électricité, ni la chaleur. Il présente une excellente résistance chimique et mécanique. Ces propriétés font de ce minerai une matière unique à laquelle il est difficile de trouver un substitut.

Minéral en coupeIl existe plusieurs variétés d’amiante venant de plusieurs familles de minéraux : les serpentines avec la chrysotile (silicate de magnésium hydraté) ou amiante blanc ; les amphiboles avec la crocidolite (silicate de fer et de sodium) ou amiante bleu, l’amosite (silicate de fer et de magnésium), l’anthophyllite, la trémolite, l’actinolite.

Historique
Connu sous le nom de « pierre à coton » dans l’Antiquité, c’est dans la deuxième moitié du XIXe siècle que l’amiante a trouvé ses premières applications techniques.

Production
Extrait dans des mines, l’amiante est produit dans le monde entier. En 2006, ce sont plus de 2 214 000 tonnes qui ont été produites. Les principaux producteurs sont la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, le Kazakhstan, la Thaïlande, l’Ukraine.

Utilisation
L’amiante est utilisé dans des textiles, papier, feutres et cartons d’amiante. Il existe des joints réalisés à l’aide de feuilles d’amiante et d’élastomères. Il entre dans la composition de l’amiante-ciment ; de dalles et de revêtements de sol ; de produits moulés ; de garnitures de friction ; de peintures et de mastics divers.

Législation
L’utilisation et le commerce de l’amiante sont interdits au sein de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2005. De nombreuses firmes continuent à pouvoir utiliser ce minerai dans de nombreux pays de par le monde et la Commission européenne a étudié récemment des dérogations sur les produits contenant de l’amiante dans le cadre du règlement Reach sur les produits chimiques.
C’est en 1945 que l’asbestose a été inscrite au tableau des maladies professionnelles et il aura donc fallu soixante ans pour que son interdiction soit effective au niveau européen, faisant dire à certains qu’il existe un « scandale » de l’amiante, au même titre que celui du sang contaminé, dans lequel les intérêts économiques auraient primé sur la santé. Ce n’est qu’à la fin des années soixante-dix que les premières interdictions de flocage à base d’amiante ont été édictées, alors que l’on connaissait déjà le rôle joué par cette matière dans l’apparition de différents cancers. Des valeurs limites d’exposition (VLE) ont ensuite été mises en place progressivement, avant de voir certains produits contenant de l’amiante interdits (jouets, peintures, etc.) en 1988. Malgré une diminution régulière des VLE au fil des ans et face à des plaintes de plus en plus nombreuses, le législateur a dû se résoudre à durcir petit à petit les réglementations ayant trait à l’amiante.

La justice est aveugleDes textes obligeant au retrait et au confinement des matériaux contenant de l’amiante au sein de tous les bâtiments ont été instaurés.
C’est en 1997 que l’interdiction totale de l’utilisation de la fabrication, de la commercialisation de produits à base d’amiante a vu le jour, confirmée au niveau européen par la directive 99/77/CE, interdisant toute extraction, fabrication, transformation de fibres d’amiante au plus tard au 1er janvier 2005.
En mars 2009, le code du travail, de par son article R 4412-104 stipule que « la concentration moyenne en fibres d’amiante dans l’air inhalé par un travailleur ne doit pas dépasser 0,1 fibre par centimètre cube sur une heure de travail ». Cette concentration concerne les fibres « réglementaires » définies par un consensus établi à la fin des années 1960 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tenant compte des limites des outils à cette date. Actuellement, lors des mesures de niveaux d’empoussièrement, seules les fibres longues d’amiante sont comptabilisées (longueur strictement inférieure à 5 µm ; diamètre strictement inférieur à 3 µm).
Ce consensus est actuellement remis en question, car certaines publications scientifiques soulignent que les fibres de toutes dimensions peuvent avoir un rôle dans le développement des cancers (broncho-pulmonaire, mésothéliome).

Amiante et santé
L’exposition prolongée aux poussières d’amiante peut être à l’origine de nombreuses maladies. L’atteinte prépondérante est l’asbestose, reconnue comme une maladie professionnelle. D’autres pathologies peuvent apparaître comme une fibrose pulmonaire, un cancer du poumon ou de la plèvre, ainsi qu’un cancer du péritoine. L’amiante ne comporte pas que des risques professionnels, il met aussi en danger la santé des personnes vivant ou travaillant dans des bâtiments où de l’amiante a été utilisé au sein des matériaux de construction. De nombreuses jurisprudences ont été nécessaires pour faire évoluer la législation et par là même le droit médical et le droit de la santé dans ce domaine. Ce phénomène est devenu un véritable problème de santé publique qui a conduit les autorités à créer un fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA).

Amiante et immobilier
C’est en raison de sa solidité, de ses propriétés de résistance aux hautes températures, aux bactéries et à la plupart des agents chimiques que l’amiante a servi de matériau dans de nombreux domaines de la construction entre 1950 et 1980. Sa structure filamenteuse lui confère également des propriétés d’isolation thermique et phonique.
Les matériaux durs, présents dans la construction, tels que l’amiante-ciment, ne libèrent pas spontanément de fibres d’amiante, sauf lorsqu’ils sont sciés, découpés, percés ou poncés.
Par contre, les flocages, calorifugeages et faux-plafonds contenant de l’amiante peuvent, en se dégradant, libérer des fibres d’amiante dans l’atmosphère.

Les flocages
Ils résultent d’une projection de fibres accompagnées d’un liant pour aboutir à un revêtement présentant un aspect superficiel fibreux, velouté ou duveteux.

Construire une maisonLes calorifugeages
Ils sont utilisés comme isolant thermique pour éviter les déperditions calorifiques des équipements de chauffage, canalisations et gaines

Les faux-plafonds
Ils sont composés d’éléments rapportés en sous-face d’une structure portante et à une certaine distance de celle-ci. Ils sont constitués généralement d’une armature suspendue et d’un remplissage de panneaux légers.

Obligations du propriétaire
Ces obligations résultent du décret nº 96-97 du 7 février 1996 et nº 97-855 du 12 février 1997.
Ce décret s’applique à tous les immeubles bâtis collectifs, qu’ils appartiennent à des personnes privées ou publiques. Ils ne concernent donc pas les maisons individuelles.
Le propriétaire doit faire rechercher la présence de flocage contenant de l’amiante dans les immeubles construits avant le 1er janvier 1980 (date de permis de construire).
Il doit également faire rechercher la présence de calorifugeages contenant de l’amiante dans les immeubles construits avant le 29 juillet 1996 et la présence de faux-plafonds contenant de l’amiante dans les immeubles construits avant le 1er juillet 1997.
Le propriétaire doit faire appel à un technicien de la construction qualifié ou à un contrôleur technique. Ces professionnels doivent avoir souscrit une assurance professionnelle spécifique à ce genre de missions.
En cas de présence de flocages, de calorifugeages ou de faux-plafonds, si un doute persiste sur la présence d’amiante, le propriétaire doit faire effectuer un ou des prélèvements représentatifs.
En cas de présence de flocages, calorifugeages ou de faux-plafonds contenant de l’amiante, le propriétaire doit faire vérifier leur état de conservation. Le technicien de la construction qualifié remplit une grille d’évaluation définie par la réglementation.
Dans les cas définis à l’article R 1334-26 du code de la santé publique (tous les immeubles bâtis dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997 qu’ils appartiennent à des personnes privées ou publiques, à l’exception des maisons individuelles et des parties privatives d’immeubles collectifs), un dossier technique amiante (DTA) est établi en complément du diagnostic amiante et un repérage étendu est obligatoire. Le DTA a pour finalité de rassembler l’ensemble des informations et documents techniques sur la présence d’amiante afin d’assurer l’information des personnes amenées à travailler dans le bâtiment, des acheteurs et des locataires.

Genre, étymologie
Amiante est un nom masculin. Son pluriel est « amiantes ».
Vient d’amiantus, mot latin d’origine grecque.

Traductions
Anglais : asbestos
Espagnol : amianto

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