Anesthésistes et gaz à effet de serre

Un anesthésiste endort un patientNouveau scandale sanitaire en perspective ? Évènement indésirable grave évitable supplémentaire ? Une patiente de taille semble avoir été négligée par les anesthésistes du monde entier : la Terre !

C’est une étude publiée dans le British Journal of Anaesthesia de décembre 2010 qui a éveillé la conscience collective sur l’impact des médecins anesthésistes et de leur gaz soporifiques sur la planète. Isoflurane, desflurane et sevoflurane, des gaz anesthésistes utilisés en pratique courante, seraient en effet responsables d’une part des changements climatiques à l’origine de la tempête Xynthia ou de l’ouragan Katrina… Heureusement, ils ne contribuent que pour 0,02 % à l’effet climatique qui résulte de l’augmentation du dioxyde de carbone due à l’activité humaine, un détail par rapport aux effets des fumeurs de cigarettes ou des voitures soi-disant vertes et écolabélisées, mais tout de même… Reste donc à déterminer quel est le gaz le plus efficace pour faire tomber le patient dans les bras de Morphée sans empêcher pour autant les écologistes de dormir… Se poser la question est bien plus simple que d’y répondre.

Pour savoir si un gaz utilisé pour sédater un malade à un impact ou non sur le climat, il faut connaître ses caractéristiques physiques. Des analyses en laboratoire et de savants calculs vont permettre d’évaluer la durée de vie du gaz dans l’atmosphère et sa capacité à absorber ou à émettre un rayonnement infrarouge, élément déterminant pour l’effet de serre. Une fois ces deux données connues, encore faut-il savoir les corréler et utiliser les bonnes unités de mesure, d’autant que les gaz mis sur la sellette sont souvent mélangés à d’autres gaz, comme le monoxyde d’azote, ayant eux aussi des effets sur l’environnement.

Grand perdant du gaz le plus vert, selon K.P. Shine de l’université de Reading au Royaume-Uni, auteur de l’article : le desflurane. Mention spéciale au monoxyde d’azote qui n’est pas indispensable à l’utilisation des gaz anesthésiants et dont la suppression pourrait aider à réduire l’effet de serre.

Après les établissements de santé, c’est donc aux médecins-anesthésistes de se mettre à faire leur empreinte carbone. Voilà qui va les faire devenir vert… de rage, pour certains.

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