Boire ou bien dormir, il faut choisir… surtout si l’on est une femme

Phases de sommeilLes lendemains de soirées bien arrosées sont parfois difficiles… Ce ne sont pas les spécialistes du sommeil de l’université du Michigan qui diront le contraire. Ils viennent en effet de publier une étude sur les effets de l’alcool sur le sommeil d’un peu plus de 90 jeunes hommes et femmes en bonne santé sur le site de la revue Alcoholism: Clinical & Experimental Research qui montrent qu’il vaut mieux rester sobre si l’on veut se réveiller fringant.

Les chercheurs savent depuis déjà longtemps que boire quelques verres avant de rejoindre les bras de Morphée n’est pas la meilleure chose à faire pour se lever du bon pied. Si le sommeil est plus profond pendant la première partie de la nuit, il est perturbé par la suite : c’est ce que l’on appelle l’« effet rebond ». Mais, jusque-là, personne n’avait vraiment cherché à savoir si cet effet était identique pour les deux sexes.

Loin d’en être, les médecins de l’État du carcajou ont montré grâce à des enregistrements polysomnographiques, à des échelles de qualité et à des questionnaires que la durée totale du sommeil, son efficacité et la période de veille lui succédant étaient plus perturbées chez les femmes que chez les hommes ayant bu plus que de raison. Elles se sont réveillées plus souvent au cours de la nuit et sont restées éveillées plus longtemps à ces moments-là que les buveurs avec une pomme d’Adam.
Ces différences en fonction du sexe pourraient s’expliquer par la capacité des uns et des autres à métaboliser l’alcool, selon les chercheurs.

On sait donc maintenant que l’alcool perturbe plus le sommeil des femmes de vingt ans que celui des hommes au même âge. Autre élément confirmé par cette étude, le groupe témoin qui n’avait bu que des boissons non alcoolisées a mieux dormi que les buveurs tous sexes confondus.

Ce que ne dit pas cette étude, c’est si les auteurs canadiens de celle affirmant que l’alcool, à faibles doses, diminue les risques cardiovasculaires, parue dans le BMJ ce même mois, dorment du sommeil du juste. Ce qui est clair, c’est que nombre de leurs confrères hexagonaux ont des nuits agitées depuis cette publication que les médias français se sont empressés de mettre en avant pour défendre le terroir en oubliant que les faibles dont il est question ne correspondent pas à la consommation moyenne dans notre pays. En France, « la population de 15 ans et plus boit 2,7 verres en moyenne par adulte et par jour, ce qui veut dire que la majeure partie des buveurs réguliers prend plus que 3 verres par jour. Et à cette dose-là, l’alcool n’a que des effets nocifs », rappelle Catherine Hill, épidémiologiste à l’Institut Gustave-Roussy et grande spécialiste des liens entre cancer et alcool dans les colonnes du journal Le Figaro.

Une chose est claire : pour l’Organisation mondiale de la santé, « il faut réduire la consommation d’alcool » dans le monde. Près de 4 % des décès sur la planète sont liés à l’alcool et, chez les jeunes de 15 à 29 ans, ce taux grimpe jusqu’à 9 %. De quoi expliquer que les Anglais viennent d’imposer un prix minimum aux boissons alcoolisées sur leur île souvent bien arrosée.

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