Il n’y a pas que la fumée de cigarette qui soit toxique

Tête de mort enflamméeSi la toxicité de la fumée de cigarette est connue depuis de nombreuses années, des chercheurs danois ont voulu savoir ce qu’il en était de la fumée dégagée lorsque du bois se consume. Dans de nombreux pays, le bois reste un élément de chauffage ou de cuisson dont les populations souvent défavorisées ne peuvent se passer. Y a-t-il un risque pour leur santé, surtout quand le feu est fait dans une pièce dont la ventilation laisse à désirer, en dehors des problèmes liés au monoxyde de carbone, bien entendu ?

Que ce soit en extérieur ou en intérieur, la combustion de bois ou d’autres matières végétales, fait augmenter le niveau des particules dans l’air ambiant. Alors que la toxicité de ces particules est bien connue lorsqu’elles ont pour origine le trafic routier, les données relatives à celles issues du bois en train de brûler sont relativement rares. C’est pour cette raison que Pernille Høgh Danielsen et son équipe ont décidé de mettre en contact différentes cultures cellulaires et des échantillons d’air ambiant et de fumées riches en particules recueillis dans des villages situés à la campagne où les poêles à bois sont nombreux. Ils ont publié les résultats de cette étude sur le site la revue Chemical Research in Toxicology, le 14 janvier 2011.

Qu’il s’agisse de cellules présentes dans les poumons ou dans le sang, leur exposition aux fumées a entraîné des désordres en leur sein, comme des altérations de l’ADN par exemple.
Il faut savoir qu’en fonction de la quantité d’oxygène présente dans une pièce, la combustion au sein du poêle sera de plus ou moins bonne qualité, entraînant des taux de particules plus ou moins élevés dans la fumée et dans l’air ambiant. Les scientifiques danois ont montré que plus la concentration en particules était élevée dans ces fumées, plus les dégâts constatés au niveau des cellules étaient importants. Ils ont remarqué que la fumée du bois en train de brûler contenait un taux plus élevé d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, des taux plus faibles de métaux solubles dans l’eau et des particules de plus petite taille. En sa présence, les cellules étudiées présentaient des taux plus élevés de radicaux libres et d’altérations de leur ADN, couplés à des signes d’inflammation et de stress oxydatif.

Certes, il ne s’agit que de cultures cellulaires et il y a parfois une différence non négligeable entre les expériences réalisées en laboratoire et la vie de tous les jours, mais lors de votre prochain séjour dans le désert du Nevada pour assister au Burning Man, mieux vaut installer votre campement du bon côté du brasier pour que vos petites cellules ne vivent pas l’enfer…

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