Ne faites pas boire votre poisson-zèbre

zèbre ou poisson ?Les chercheurs ont vraiment de drôles d’idées ! Dernier exemple en date : étudier les oeufs des poissons pour savoir quel effet peut bien avoir l’alcool sur la santé des humains.

N’ayant sans doute pas de poissons rouges sur son bureau, Robert Gerlai, docteur en biologie, spécialiste en génétique du comportement, sur l’un des campus de l’université de Toronto, a étudié les effets neurologiques de l’exposition à l’alcool du poisson-zèbre. Son but : trouver un traitement pour les enfants atteints du syndrome d’alcoolisation foetale. Ce syndrome est à l’origine de problèmes de développement chez le bambin dont la mère a consommé de l’alcool pendant la grossesse.

En fait, le poisson-zèbre est un modèle animal habituel servant à étudier la biologie de base, le développement ou les maladies de l’homme. Observer les effets de l’alcool sur ce poisson, c’est comprendre comment ce toxique altère le fonctionnement du cerveau chez les vertébrés (y compris les humains), tout ceci devant conduire à une meilleure compréhension de l’alcoolisme, de l’abus d’alcool occasionnel, de toutes sortes de problèmes liés à l’alcool et de leur traitement.

Gerlai et ses collègues ont donc placé de petites doses d’alcool dans l’eau des citernes où étaient en train de se développer des embryons de poisson-zèbre. Les quantités utilisées ont été volontairement faibles pour ne pas provoquer des malformations chez les poissons, les chercheurs souhaitant juste étudier leur comportement une fois devenus grands.

« Plus on leur donne d’alcool, plus ils ont un comportement antisocial à l’âge adulte », a expliqué le professeur Gerlai au site santé du Toronto Star.
Comment savoir qu’un poisson-zèbre est antisocial ? Normalement, ces poissons vivent au sein d’un groupe très soudé et restent agglutinés les uns aux autres. Lorsque les poissons se dispersent, c’est qu’ils ont un comportement antisocial.

Ces travaux correspondent à ce que l’on sait des effets du syndrome d’alcoolisation foetale chez l’homme et c’est ce qui est particulièrement intéressant. « Imaginez que vous avez un poisson qui présente de nombreux aspects du syndrome d’alcoolisation foetale. Vous pouvez examiner son cerveau, l’anatomie de son système nerveux, la façon dont les cellules dans son cerveau travaillent et s’il y a des modifications de leur capacité à communiquer les unes avec les autres », explique le professeur Gerlai. Tout cela a de quoi faire progresser la recherche et favoriser la découverte d’un traitement.

Loin de faire le zèbre avec ses poissons, le chercheur canadien est un spécialiste reconnu dans le monde entier. Il vient d’ailleurs de s’associer avec l’un de ses collègues espagnols. Au menu des recherches cette fois : le poisson-ange. Ce serait bien le diable qu’il ne trouve rien…

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