Troubles de la vision non corrigés : une perte énorme pour le PIB mondial

Patient portant des lunettesLe coût des troubles de la vision de loin non corrigés équivaudrait, au minimum, à une perte annuelle de 155 milliards d’euros pour le produit intérieur brut (PIB) mondial : c’est ce qui ressort d’un article publié dans le Bulletin de l’Organisation mondiale de la santé d’octobre 2012, intitulé « Coût global de correction d’une déficience visuelle induite par une erreur de réfraction non corrigée ». Pour les chercheurs du Brien Holden Vision Institute de Sydney, en Australie, et la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health de Baltimore, aux États-Unis, il s’agit bien là d’un minimum, car ils ne prennent en compte que les troubles de la vue de loin dus à un problème de réfraction oculaire qui pourraient être corrigés par une paire de lunettes, des lentilles de contact ou une chirurgie réfractive, comme la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme. Les autres problèmes de santé à l’origine d’une baisse de la vision de loin ne sont pas pris en compte dans cette estimation, tout comme ne sont pas pris en compte les troubles de la vision de près qui touchent l’immense majorité de la population mondiale d’âge mûr.

Approfondissant des recherches déjà publiées en 2009, ces chercheurs estiment à plus de 700 millions les personnes, de par le monde, dont le trouble de la vision de loin ou de près pourrait être corrigé suite à un examen de la réfraction, entraînant ainsi un gain de productivité non négligeable pour l’économie planétaire. Une telle campagne nécessiterait de former 47 000 nouveaux spécialistes de la réfraction (ophtalmologistes ou optométristes dans les pays où ce diplôme est reconnu) et de créer 18 000 centres spécialisés, pour un coût global de près de 21,5 milliards d’euros. Ce coût « a été estimé à l’aide des données sur la population, de la prévalence de la pathologie et du nombre de professionnels de la réfraction existant dans les différents pays, des coûts de mise en place et de fonctionnement des programmes éducatifs pour les praticiens et du coût de création et de gestion des établissements de soins pour la réfraction. Les hypothèses retenues veillaient à ce que les coûts ne soient pas sous-estimés et un seuil de coûts maximum a été calculé en utilisant les cas de figure les plus chers pour chaque hypothèse. »
Le coût de mise en place et de fonctionnement des établissements de soins de la réfraction et de formation nécessaires est donc être très faible au regard des économies pouvant être ainsi faites au niveau mondial.

Voilà une étude qui devrait faire réfléchir ceux qui n’ont de cesse de mettre en avant la nécessité de réduire les dépenses de santé sans jamais tenir compte des gains qu’elles peuvent engendrer pour le reste de l’économie…

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